
Mondial 2026 : Sénégal, chronologie d’un échec programmé
La déroute de la sélection sénégalaise à la Coupe du monde 2026 n’est pas seulement le résultat de trois défaites contre la France, la Norvège et la Belgique. Elle apparaît aujourd’hui comme l’aboutissement d’une succession de décisions contestées, de problèmes de communication et de choix sportifs qui ont fragilisé les Lions bien avant leur entrée en lice dans le tournoi.
21 mai : une liste qui lance les premières polémiques
Tout commence avec la publication de la liste des joueurs retenus pour le Mondial. Plus que les choix eux-mêmes, c’est la communication autour de cette liste qui interpelle.
Le cas de Malang Sarr est mal expliqué et suscite de nombreuses interrogations. La gestion des réservistes alimente également le débat. Pape Thiaw annonce une liste de 28 joueurs alors que seuls 26 peuvent être retenus pour la compétition. Le sélectionneur assure alors que les deux joueurs recalés ont déjà été informés de leur sort. Une déclaration qui sera rapidement rattrapée par les événements.
27 mai : le feuilleton du contrat
Quelques heures avant le départ de la délégation pour les États-Unis, un nouvel épisode vient perturber la préparation. Pape Thiaw refuse d’embarquer tant que sa situation contractuelle n’est pas clarifiée.
La crise est finalement désamorcée dans l’urgence. Les autorités sénégalaises interviennent et la Fédération annonce que le problème a été réglé. Mais l’image d’une sélection déjà perturbée avant même son arrivée aux États-Unis est installée.
31 mai : le revirement Bara Sapoko
Lors du premier match de préparation face aux États-Unis (2-3), Pape Thiaw crée la surprise en titularisant Bara Sapoko Ndiaye, pourtant considéré quelques jours plus tôt comme l’un des joueurs devant quitter la Tanière avant le Mondial.
Le milieu réalise une prestation remarquable. Convaincu, le sélectionneur change alors ses plans. Moustapha Mbow, initialement retenu parmi les 26, est sacrifié. Un choix qui alimente les critiques sur la cohérence du processus de sélection.
Dans le même temps, Chérif Ndiaye, très critiqué après cette rencontre, semble proche d’être écarté au profit d’Ilay Camara avant d’être finalement maintenu.
9 juin : des cadres toujours pas prêts
Face à l’Arabie saoudite lors du dernier match de préparation, Idrissa Gana Guèye et Kalidou Koulibaly débutent encore sur le banc avant d’entrer en cours de jeu.
Les inquiétudes grandissent. Blessés en club, les deux cadres n’ont toujours pas retrouvé leur rythme. Dans l’opinion publique comme chez de nombreux observateurs, l’idée s’impose : ils ne semblent pas prêts pour affronter la France.
15 juin : la déclaration qui surprend
À la veille du choc contre les Bleus, Kalidou Koulibaly se veut rassurant.
« Je suis prêt et à la disposition de l’équipe », affirme le capitaine des Lions.
Une sortie forte qui tranche avec les doutes entourant son état physique depuis plusieurs semaines.
16 juin : le pari raté contre la France
Pape Thiaw décide finalement de titulariser Koulibaly et Gana face à la France.
Le pari tourne court. Les deux joueurs, qui n’avaient plus débuté un match depuis près d’un mois, affichent rapidement des signes de fatigue. Après une première période correcte, ils peinent physiquement et le Sénégal s’effondre progressivement.
Cette décision est aujourd’hui considérée comme l’un des tournants du tournoi.
19 juin : les révélations qui tombent au pire moment
À trois jours du match décisif contre la Norvège, une nouvelle polémique éclate.
Le média Sport News Africa révèle plusieurs informations concernant les primes, les conditions de vie du groupe ainsi que le contrat et le salaire de Pape Thiaw. Des révélations ensuite confirmées et approfondies par le journaliste de la RTS Ibrahima Mboup.
Alors que les Lions devraient être entièrement concentrés sur l’aspect sportif, l’actualité est monopolisée par des questions extra-sportives.
22 juin : le fiasco du New Jersey
Face à la Norvège, le Sénégal joue sa survie dans la compétition.
Malgré les difficultés observées contre la France, Pape Thiaw reconduit quasiment la même équipe. Les Lions s’inclinent une nouvelle fois. Les errements défensifs, notamment ceux de Kalidou Koulibaly, symbolisent les difficultés d’une sélection dont plusieurs cadres semblent à court de forme depuis le début du tournoi.
Le manque d’ajustements et l’absence de remise en question dans les choix du sélectionneur sont alors pointés du doigt.
26 juin : une démonstration à trompe l’œil contre Irak
Dos au mur, les Lions réagissent avec autorité. Le large succès 5-0 contre l’Irak rappelle le véritable potentiel de cette génération. L’attaque retrouve son efficacité, la confiance renaît et le Sénégal décroche finalement son billet pour les seizièmes de finale. Pourtant, il a fallu que l’adversaoire soit réduit à dix pour voir les Lions enfin dérouler.
1er juillet : Le fiasco historique à Seattle
Pendant 85 minutes contre la Belgique, le Sénégal réalise probablement son match le plus abouti du tournoi. Habib Diarra ouvre le score. Ismaïla Sarr double la mise. Les Lions dominent, contrôlent les débats et voient déjà les huitièmes de finale.
Puis vient l’effondrement. À la 86e minute, Romelu Lukaku relance la Belgique. Trois minutes plus tard, Youri Tielemans égalise. En prolongation, alors que les tirs au but semblent inévitables, un penalty accordé après intervention de la VAR offre à Tielemans le but de la qualification belge. En l’espace de quelques minutes, le Sénégal passe d’un exploit historique à une élimination traumatisante.
2 juillet : Pape Guèye, une déclaration qui résume tout
Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le milieu de terrain a laissé exploser sa frustration après l’incroyable scénario vécu par les Lions, qui menaient encore 2-0 à la 86e minute avant de s’effondrer. Il a notamment déclaré qu’il ne porterait plus le maillot de la sélection « tant que c’est ce staff technique », pointant directement la gestion de l’équipe.
Cette prise de position, rarissime de la part d’un cadre de la sélection, intervient dans un climat extrêmement tendu. L’élimination face à la Belgique a déclenché une vague de critiques contre le sélectionneur Pape Thiaw et son encadrement, tandis que plusieurs observateurs s’interrogent désormais sur l’avenir de cette génération des Lions.



