
Mondial 2026 – Pape Thiaw : « Nous avions le match en main, mais le football peut être cruel »
Au bord des huitièmes de finale après avoir mené 2-0, le Sénégal a finalement vu la Belgique renverser la rencontre dans les dernières minutes. Très marqué par cette élimination au scénario cruel, Pape Thiaw a assumé les choix de son banc, refusé de polémiquer sur l’arbitrage malgré un penalty très contesté, et appelé ses joueurs à tirer les leçons d’une désillusion qui laissera de profondes traces.
Sur l’élimination du Sénégal
« Nous venons de perdre un match qui nous tenait vraiment à cœur. Nous voulions nous qualifier pour le peuple sénégalais, nous pensions le mériter, mais malheureusement nous sommes éliminés. Je suis triste, les joueurs aussi sont tristes, parce qu’ils voulaient vraiment cette qualification. Malheureusement, cela ne s’est pas fait. »
Comment expliquer un tel renversement alors que le Sénégal a maîtrisé le match pendant 86 minutes ?
« Comme je l’ai dit, nous avions le match en main. Nous menions 2-0, puis nous avons reculé en fin de rencontre parce que nous voulions préserver notre avantage. Après le but du 2-1, nous avons encore davantage reculé et ils ont inscrit le deuxième but. Ce n’était pas facile. Nous avons essayé de remobiliser l’équipe, de lui redonner de l’énergie, mais malheureusement cela n’a pas suffi. Cette équipe a tout donné. Les joueurs voulaient vraiment offrir cette qualification au peuple sénégalais. Nous le voulions tous, mais cela n’a pas été possible. »
Sur le penalty litigieux
« Je préfère ne pas interpréter cette action. Sur les penalties, il y a toujours différentes interprétations. Certains pensent qu’il y avait penalty, d’autres non. Pour ma part, je préfère ne pas commenter les décisions arbitrales. »
Les remplaçants ont semblé moins efficaces. Peut-on parler d’une erreur technique ? Et quel est votre avis sur l’utilisation de la VAR ?
« Concernant les changements, il faut savoir que certains ont été effectués parce que des joueurs nous ont demandé à sortir. Ils étaient fatigués et ne pouvaient plus continuer. Les laisser sur le terrain aurait été une faute professionnelle de notre part. Il fallait les remplacer, poste pour poste. Bien sûr, lorsque l’on perd un match après avoir mené 2-0, on parle forcément des remplaçants. Mais il ne faut pas tout résumer à cela. Ces changements étaient avant tout dictés par la fatigue, plus que par des considérations tactiques. »
« Pour ce qui est des décisions arbitrales, notamment sur le but, je répondrai comme tout à l’heure : chacun peut avoir son interprétation, mais je préfère ne pas commenter l’arbitrage. »
Comment gérez-vous une défaite aussi cruelle en tant que sélectionneur ?
« Ce n’est pas facile de perdre un match de cette manière, surtout lorsque nous l’avions en main. Malheureusement, il nous a échappé. C’est le football, parfois il est cruel. Il faut accepter cette défaite, même si elle est difficile à digérer, puis repartir de l’avant. Ce n’est facile ni pour moi ni pour les joueurs, car nous voulions qualifier notre pays pour les huitièmes de finale. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Il faut désormais avancer. »
Avez-vous le sentiment que la meilleure équipe rentre à la maison ? Et Rudi Garcia a-t-il eu un mot pour vous après le match ?
« Comme vous l’avez dit, c’est une défaite très cruelle. Nous étions devant cette équipe belge, nous menions 2-0. Mais un match ne dure pas seulement 85 minutes. Ils sont revenus au score et nous n’avons pas su gérer la fin de rencontre. Nous avons pourtant eu des situations pour leur faire encore plus mal. Aujourd’hui, il faut féliciter la Belgique pour sa qualification et, de notre côté, continuer à travailler. »
Rudi Garcia a déclaré que les équipes africaines perdent souvent leur structure tactique lorsqu’elles mènent 2-0. Partagez-vous cette analyse ? Et que retenez-vous pour la suite ?
« C’est son avis, mais ce n’est pas le mien. Nous étions bien en place. C’est toujours plus facile de parler lorsqu’on gagne. Maintenant, il faut accepter cette élimination, revoir ce match, analyser ce qui n’a pas fonctionné. Même si cette compétition est terminée pour nous, il faut regarder vers l’avenir, tirer les enseignements nécessaires et corriger ce qui n’a pas marché afin d’être meilleurs la prochaine fois. »
Vos joueurs ont longuement contesté le penalty décisif. Cela vous rappelle-t-il la finale du mois de janvier ?
« Oui, il y a eu ce penalty. Lorsque nous avons revu l’action, notre interprétation est qu’il n’y avait pas penalty. Les joueurs ont contesté, c’était leur droit. Ensuite, ils ont respecté la décision de l’arbitre et le penalty a été tiré. C’est cette décision qui nous élimine aujourd’hui. Je préfère ne pas aller plus loin sur ce sujet. »



