
Le soulagement est immense au Sénégal. Après quatre mois d’attente et de mobilisation, les quinze supporters sénégalais encore détenus au Maroc depuis les incidents de la finale de la CAN 2025 vont retrouver la liberté grâce à une grâce royale accordée par Mohammed VI à l’occasion de l’Aïd Al Adha. Une décision immédiatement saluée par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, qui a tenu à remercier personnellement le souverain marocain.
« Nos compatriotes retenus au Maroc (…) sont libres. Ils retrouveront bientôt les leurs », a réagi le chef de l’État dans un message empreint de reconnaissance. Diomaye Faye a surtout insisté sur « la Grâce Royale » accordée par Mohammed VI, qualifiant cette décision de geste « empreint de clémence et d’humanité ».
Depuis le 18 janvier dernier, cette affaire empoisonnait le climat autour de l’après-CAN. Dix-huit supporters sénégalais avaient été condamnés pour « hooliganisme », violences et dégradations après les débordements ayant suivi la finale. Trois avaient déjà été libérés le 18 avril après avoir purgé leur peine de trois mois. Restait alors un groupe de quinze détenus : neuf condamnés à un an ferme, six autres à six mois.
Au Sénégal, l’émotion populaire n’était jamais retombée. Familles, supporters, acteurs du football et responsables politiques réclamaient sans relâche la libération de ceux que certains surnommaient désormais « les otages du Maroc ». Chaque report d’audience alimentait davantage la tension et l’incompréhension.
En saluant « la fraternité ancienne » entre Dakar et Rabat, Diomaye Faye a aussi donné une portée diplomatique à cette libération collective. Bien au-delà du football, cette grâce royale apparaît aujourd’hui comme un puissant geste d’apaisement entre deux nations historiquement proches.



