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Mondial 2026 – Le manque d’élégance de Rudi Garcia :  » On connaît ces équipes-là, elles perdent leur structure tactique dans la fin du match »

Il y a les vainqueurs qui saluent la valeur de l’adversaire. Et ceux qui profitent de leur succès pour distribuer les leçons. Quelques minutes après la victoire renversante de la Belgique contre le Sénégal (3-2 a.p.), Rudi Garcia a choisi la seconde option. Une sortie qui contraste avec la dignité affichée par Pape Thiaw, pourtant terrassé par l’un des scénarios les plus cruels de l’histoire récente des Lions.

Le sélectionneur sénégalais n’a cherché ni excuses ni polémiques après l’élimination. Il a reconnu les erreurs de son équipe et assumé sa part de responsabilité dans l’effondrement des dix dernières minutes. Une réaction à la hauteur de la désillusion vécue par les champions d’Afrique.

Quelques instants plus tard, son homologue belge empruntait un tout autre chemin. « On connaît ces équipes-là, elles perdent leur structure tactique dans la fin du match. On savait aussi qu’à 2-0, ils feraient tout pour protéger leur but, ce qui à mon avis est une grave erreur. Rappelez-moi, quand on mènera 2-0, de ne pas faire ça. Parce que quand vous prenez un but comme ils l’ont pris à 2-1, le match a changé d’âme. »

Sur le fond, difficile de nier une partie du constat. Oui, le Sénégal a perdu sa maîtrise. Oui, les changements opérés par Pape Thiaw ont désorganisé une équipe qui contrôlait jusque-là les débats. Oui, la Belgique a parfaitement exploité ce basculement psychologique et tactique. Mais la forme interroge.

Car pendant près de 85 minutes, c’est bien la Belgique qui a couru après le ballon. Dominés dans l’intensité, privés de maîtrise collective, les Diables Rouges n’ont longtemps existé que par quelques situations isolées. Le plan initial de Rudi Garcia avait surtout consisté à subir avant d’espérer exploiter les transitions, sans jamais réellement mettre le Sénégal sous pression. Ce sont finalement les entrées de Romelu Lukaku et de Dodi Lukébakio, combinées à l’effondrement sénégalais, qui ont totalement changé le scénario.

Autrement dit, la Belgique n’a pas tant gagné ce match qu’elle a su profiter du moment où le Sénégal l’a laissé revenir. C’est précisément ce qui rend la sortie de Rudi Garcia maladroite. Un entraîneur de son expérience pouvait savourer une qualification arrachée avec caractère sans réduire son adversaire à une caricature tactique. Les grandes victoires s’accompagnent souvent d’une forme d’élégance. Celle-ci en manquait.

Pour autant, les Lions seraient mal inspirés de se réfugier derrière ces déclarations. Si Garcia a pu se permettre cette pique, c’est parce que le Sénégal lui en a offert l’occasion. En cessant de jouer, en reculant sans conserver le ballon et en perdant toute cohérence collective après le premier but belge, les hommes de Pape Thiaw ont eux-mêmes rouvert une rencontre qu’ils maîtrisaient presque de bout en bout.

La meilleure réponse aux mots de Rudi Garcia ne viendra donc pas d’une polémique. Elle passera par la capacité du Sénégal à tirer les leçons de cette immense désillusion. Car au-delà des déclarations du sélectionneur belge, le plus cruel reste cette certitude : ce seizième de finale, les Lions l’ont d’abord perdu eux-mêmes.

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