
Mondial 2026 – Défaite face à la Norvège : Pape Thiaw « trahi » par ses cadres ?
Face à la Norvège (3-1), le Sénégal a sombré dans une soirée révélatrice des limites de son entrejeu et de ses leaders. En reconduisant ses cadres malgré des signaux physiques alarmants, Pape Thiaw a fait le choix de la continuité… jusqu’à la rupture. Et cette fois, ni Koulibaly, ni Gana Gueye, ni Pape Gueye, ni Sadio Mané n’ont répondu présent, laissant leur sélectionneur seul face à ses décisions.
Pape Thiaw a voulu rester fidèle à son idée. Il risque surtout d’en payer le prix seul. Battu par la Norvège (3-1), le sélectionneur du Sénégal a vu son plan de continuité se transformer en impasse, avec une impression persistante : celle d’une équipe prisonnière de ses statuts, incapable de répondre aux exigences physiques et mentales d’un match de Coupe du monde.
En reconduisant le même onze que face à la France, Pape Thiaw a assumé un choix fort, presque idéologique. Mais ce jusqu’au-boutisme a rapidement montré ses limites. Ses cadres, censés incarner l’expérience et la maîtrise, ont surtout donné le sentiment d’être à court de rythme, en décalage avec l’intensité imposée par les Scandinaves. Et le sélectionneur, pourtant installé au bord du terrain, n’a pas corrigé la dérive.
Le naufrage porte des noms. Kalidou Koulibaly d’abord, symbole d’une soirée à contretemps. Déjà en difficulté face à la France, le capitaine a de nouveau vacillé. Sur l’ouverture du score, son contrôle mal assuré dans l’axe relance directement Marcus Pedersen. Sur le troisième but, son retard dans l’intervention laisse le champ libre à la Norvège, conclue par Erling Haaland. Entre-temps, l’impression d’un joueur sans jus, sans impact, remplacé à la 72e minute comme on tourne une page devenue trop lourde.
Au milieu, Idrissa Gana Gueye n’a jamais retrouvé son volume habituel. Son ballon perdu au retour des vestiaires précipite le deuxième but norvégien, illustrant un manque criant de fraîcheur. Trop lent, trop prévisible, le vice-capitaine a subi le rythme sans jamais l’imposer.
Même constat pour Pape Gueye. Transparent dans l’entrejeu, dépassé dans l’intensité, il n’a existé que par séquences. Une passe décisive indirecte sur le premier but du Sénégal ne suffit pas à masquer une prestation globalement effacée, loin de son niveau affiché lors des grandes compétitions récentes.
Devant, Sadio Mané a bien tenté d’exister, passeur sur le but d’Ismaïla Sarr, mais sans jamais peser durablement. Trop loin de ses standards, trop peu tranchant dans les un-contre-un, le leader offensif sénégalais donne l’image d’un joueur auquel on demande encore de porter une attaque qu’il ne peut plus porter seul à ce niveau d’intensité.
Dernier rempart, Édouard Mendy a longtemps retardé l’échéance. Mais même ses parades n’ont fait que masquer temporairement les failles d’un bloc en perdition.
Au final, Pape Thiaw apparaît comme l’homme d’un choix assumé jusqu’à l’excès : celui de la fidélité aux statuts, même au prix de la performance. Il a vu ses cadres décliner physiquement. Il a vu le match lui échapper. Et il n’a rien changé. À ce niveau, l’aveuglement stratégique devient une responsabilité pleine. Et le Sénégal, lui, en paie déjà le prix.



