
À l’opposé de tout excès de confiance, le sélectionneur norvégien Ståle Solbakken a affiché un profond respect pour le Sénégal à la veille du duel décisif du groupe I. Malgré le succès inaugural contre l’Irak (4-1), le technicien scandinave sait que ses hommes devront élever leur niveau de vigilance face à des Lions dos au mur.
28 ans après sa dernière apparition en Coupe du monde, la Norvège a réussi son retour sur la scène mondiale. Large vainqueur de l’Irak (4-1) lors de son entrée en lice, la sélection nordique a pris les commandes du groupe I à la différence de buts devant la France. Une entame idéale qui aurait pu nourrir un sentiment de confiance excessive avant le rendez-vous face au Sénégal, mardi au MetLife Stadium du New Jersey.
Mais Ståle Solbakken n’est pas homme à s’emballer. En conférence de presse d’avant-match, le sélectionneur norvégien a tenu à rappeler que les Lions demeurent l’un des adversaires les plus redoutables du continent africain, malgré leur revers inaugural contre les Bleus (1-3). « Je n’ai pas peur du tout pour le match de demain, mais j’ai un grand respect pour le Sénégal », a-t-il assuré. Un message clair qui traduit autant la confiance de son groupe que la conscience du danger qui l’attend.
« Contrôler leurs ailiers et se méfier des contres »
Solbakken a particulièrement insisté sur les qualités athlétiques et offensives de la sélection dirigée par Pape Thiaw. Là où la France avait souvent souffert des accélérations sénégalaises avant de faire la différence, le technicien norvégien entend préparer ses joueurs à un combat de haute intensité. « C’est une équipe rapide et de grande qualité. Nous devrons être prêts à faire face à cela, notamment en contrôlant leurs ailiers et en restant vigilants sur leurs contre-attaques », a-t-il expliqué.
Dans son analyse, un nom ressort naturellement : celui de Sadio Mané. Même si l’attaquant d’Al-Nassr n’a pas pesé autant qu’espéré contre la France, son aura continue d’imposer le respect. « Sadio Mané est un grand joueur », a reconnu Solbakken, avant d’élargir son propos au collectif sénégalais. « Le plus important pour moi est que nous conservions notre identité et que nous restions fidèles à ce que nous faisons le mieux. »
Pas de calculs avant la France
Une victoire contre le Sénégal placerait pourtant la Norvège dans une position idéale avant son dernier match de groupe face à la France. Mais là encore, Solbakken refuse toute projection. « Nous ne faisons aucun calcul. Nous devons simplement réaliser une nouvelle bonne performance, continuer à progresser et penser à la qualification plus tard, le moment venu », a-t-il insisté. Un discours prudent qui reflète la philosophie d’une équipe restée invaincue durant les éliminatoires, avec huit victoires en autant de rencontres et 37 buts inscrits.
Haaland au centre de toutes les attentions
La principale arme norvégienne reste évidemment Erling Haaland. Auteur d’un doublé contre l’Irak, l’attaquant de Manchester City arrive lancé au moment d’affronter une défense sénégalaise qui a montré des signes de fragilité face à la France.
Solbakken ne cache pas sa satisfaction quant à l’état de forme de sa star. « Haaland est dans une excellente forme et espérons qu’il en montrera encore davantage. Il a besoin de l’aide de l’équipe et j’espère que nous saurons également l’aider grâce à un grand soutien collectif. Espérons qu’il continuera à nous apporter de la joie grâce à ses buts. » Une déclaration qui souligne aussi la volonté du sélectionneur de ne pas réduire la réussite norvégienne à son seul goleador.
Une pelouse qui interroge
Enfin, le technicien de 58 ans a glissé un mot sur la pelouse du MetLife Stadium, déjà source de discussions depuis le début du tournoi. Après avoir observé le terrain, Solbakken a émis quelques réserves. « Nous avons observé le terrain. Il ressemble un peu à une pelouse synthétique : l’herbe est courte et le sol est dur en dessous. Cela semble pénalisant pour les équipes qui aiment conserver le ballon. »
Toutefois, la météo pourrait atténuer ce problème. « Bien sûr, si le terrain est sec, cela pourrait poser problème. Mais les prévisions annoncent de la pluie demain, ce qui devrait aider. De toute façon, nous ne pouvons rien y faire, c’est comme ça. »
À quelques heures d’un match déjà capital pour les Lions, la Norvège avance donc avec confiance, mais sans arrogance.



