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Mondial 2026 – Sénégal : les billets de la discorde

Entre accusations de favoritisme, soupçons de revente et colère grandissante de la diaspora, la gestion des billets attribués aux supporters sénégalais est devenue un sujet aussi brûlant que les résultats sportifs. À quelques heures du match décisif contre la Norvège, la Fédération sénégalaise de football reste silencieuse face à une polémique qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

La défaite contre la France (1-3) ainsi que la polémique suscitée par l’article de Sportnewsafrica ne sont pas les seules secousses qui ébranle actuellement la Tanière. Loin des terrains, un autre dossier alimente les discussions dans les travées du MetLife Stadium et au sein de la communauté sénégalaise installée aux États-Unis : celui de la billetterie.

Le jour de la rencontre face aux Bleus, des scènes de tension ont éclaté aux abords du stade. Des supporters venus parfois de plusieurs États américains ont dénoncé une distribution opaque des billets destinés à la diaspora. La situation a pris une telle ampleur que les forces de sécurité ont dû intervenir pour calmer les esprits.

Au cœur du mécontentement, un chiffre : 400 billets. C’est le quota officiellement attribué à la diaspora sénégalaise aux États-Unis. Un volume jugé largement insuffisant par de nombreux supporters au regard de la mobilisation observée depuis plusieurs semaines autour des Lions.

Des accusations de revente qui alimentent la colère

Mais la frustration ne s’arrête pas à la faiblesse du quota. Plusieurs membres de la diaspora remettent en cause le circuit de distribution lui-même. Selon eux, les 0,8 % de billets réservés à chaque fédération nationale par rapport à la capacité des stades n’auraient pas toujours bénéficié aux véritables supporters.

Dans les discussions qui agitent les groupes communautaires et les réseaux sociaux, certains accusent même des intermédiaires d’avoir récupéré des billets avant de les revendre à des prix atteignant parfois 1000 dollars l’unité. Des allégations difficiles à vérifier à ce stade, mais qui ont contribué à nourrir un profond sentiment d’injustice.

Le 12e Gaïndé local, pourtant mobilisé depuis des semaines pour préparer les animations dans les tribunes, n’a pas été épargné. Plusieurs de ses membres se sont retrouvés sans billet ou relégués dans des zones éloignées du terrain, limitant considérablement leur impact sonore et visuel.

Ben Diedhiou réclame de la clarté

Chargé de la distribution d’une partie des billets mis à disposition par l’État du Sénégal, Ben Diedhiou a tenté d’apaiser les tensions tout en reconnaissant les zones d’ombre du dossier. « Notre démarche n’est ni une opposition ni une polémique. Elle vise uniquement à contribuer au succès de la participation du Sénégal à cette Coupe du monde », explique-t-il, insistant sur la volonté des supporters de « pallier l’absence du 12e Gaïndé, d’Allez Casa et de Lébougui ».

Le coordonnateur de la Fédération des associations sénégalaises d’Amérique rappelle que les 400 billets ont été répartis entre le 12e Gaïndé de New York-New Jersey (230 billets), les personnalités de la communauté (20 billets) et les associations sénégalaises (150 billets). Sur ce dernier contingent, il précise n’avoir eu la responsabilité que de 108 billets sur les 150 initialement prévus.

S’il se garde d’accuser qui que ce soit, Ben Diedhiou pointe néanmoins « un manque de clarté dans la gestion de la billetterie » et reconnaît que « plusieurs questions restent sans réponse », notamment sur le mécanisme global d’attribution des tickets.

Autre sujet de frustration : le positionnement du groupe d’animation dans les niveaux supérieurs du stade. « La vocation d’un groupe de supporters est d’être proche du terrain », rappelle-t-il, regrettant que les principaux animateurs aient été éloignés du banc sénégalais. « Notre place devait idéalement se situer derrière le banc du Sénégal. C’est d’ailleurs ce qui nous avait été indiqué dans un premier temps. Finalement, des changements sont intervenus et nous nous sommes retrouvés dans les étages supérieurs du stade. Cela étant, ce qui est fait est fait. Nous espérons simplement que cette situation pourra être corrigée à l’avenir ».

À quelques heures du rendez-vous contre la Norvège, la diaspora assure rester mobilisée derrière les Lions. Mais une question demeure : la FSF finira-t-elle par s’exprimer sur un dossier qui, pour beaucoup de supporters, menace de laisser davantage de traces que certaines erreurs observées sur le terrain ?

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