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Diomaye–Sonko: duel de bilans au sommet de l’exécutif sénégalais

La tension politique monte d’un cran au sommet de l’État. Alors que les états-majors de la coalition au pouvoir et du parti Pastef s’affrontent par médias interposés, une nouvelle séquence vient illustrer les divergences grandissantes entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko.

Ce lundi 4 mai, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a annoncé la tenue d’un grand meeting présidentiel le samedi 9 mai au Stade Caroline Faye. Objectif affiché : dresser le bilan des deux premières années de gouvernance du chef de l’État et esquisser les perspectives à venir.

Une initiative qui intervient à peine 24 heures après une déclaration similaire du chef du gouvernement. Dimanche, Ousmane Sonko annonçait en effet qu’il s’adresserait « dans les jours à venir » aux Sénégalais pour présenter son propre bilan à la Primature. Une communication parallèle qui nourrit les spéculations sur une rivalité de plus en plus assumée au sommet de l’exécutif.

Mbour, symbole politique et terrain de reconquête

Dans son intervention, Serigne Guèye Diop a insisté sur le choix du Stade Caroline Faye, présenté comme un lieu hautement symbolique. « Ce n’est pas un hasard », a-t-il martelé, rappelant que ce stade avait déjà accueilli le dernier grand meeting du candidat Bassirou Diomaye Faye avant la présidentielle de 2024.

Au-delà du symbole, le meeting se veut un moment de remobilisation politique. Il s’agira, selon le ministre, de « rallumer la flamme de l’espoir » dans un contexte marqué par des difficultés économiques et sociales persistantes, et de repositionner Mbour comme « sanctuaire de l’espoir du peuple sénégalais ».

Un bilan et des promesses d’actions concrètes

L’événement ne se limitera pas à un discours politique, assure le ministre. Il devrait déboucher sur la présentation d’un « plan d’actions opérationnelles » orienté vers un Sénégal « prospère et souverain ». Une manière pour le camp présidentiel de reprendre l’initiative dans une séquence politique brouillée.

En filigrane, Serigne Guèye Diop a également tenté de désamorcer les critiques visant le chef de l’État, accusé par certains de s’éloigner des idéaux portés par Pastef. « Le président n’a pas le temps de se battre », a-t-il lancé, dans une allusion à peine voilée aux tensions internes.

Vers une dualité de leadership ?

La concomitance de ces annonces interroge. Entre bilan présidentiel et bilan gouvernemental, c’est désormais une bataille de narration qui semble s’installer au sommet de l’État. Une situation inédite qui pourrait fragiliser la cohérence de l’action publique, à mesure que les divergences entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko se manifestent au grand jour.

Dans un contexte socio-économique tendu, cette compétition politique interne pourrait peser sur la stabilité de l’exécutif et sur la perception de l’opinion publique. Le rendez-vous du 9 mai à Mbour s’annonce ainsi comme un moment clé pour jauger la capacité du pouvoir à resserrer les rangs — ou, au contraire, à confirmer une fracture naissante.

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