POLITIQUE

Dr Abdourahmane Diouf recadre le débat au sommet de l’État: «Ni dualité ni cohabitation»

Au Sénégal, les divergences supposées entre Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko continuent d’alimenter l’actualité politique. Une situation que ce dernier avait lui-même qualifiée de « cohabitation douce », suggérant des tensions feutrées au sein de l’exécutif.

Mais pour Dr Abdourahamane Diouf, il n’y a aucune ambiguïté possible. Dans un entretien accordé à L’Observateur, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique rejette catégoriquement toute idée de partage du pouvoir au sommet de l’État. « Il ne peut y avoir ni dualité ni cohabitation, douce ou rude, dans les circonstances politiques du moment », tranche-t-il d’emblée.

Une position qui s’inscrit dans la ligne défendue par le chef de l’État. Lors d’une interview récente de près de deux heures, Bassirou Diomaye Faye a lui aussi exclu toute crise institutionnelle, rappelant l’étendue de ses prérogatives. Il a notamment souligné qu’il lui revient, en tant que président, de nommer et de révoquer le Premier ministre.

S’appuyant sur cette architecture constitutionnelle, Dr Abdourahamane Diouf insiste sur la centralité de la légitimité présidentielle issue du suffrage universel. « Le dispositif est clair », affirme-t-il, écartant toute hypothèse de dyarchie au sommet de l’État. À ses yeux, entretenir ce débat relèverait d’une lecture biaisée de la réalité institutionnelle.

Le ministre va plus loin en dénonçant une polémique « malsaine et insidieuse », estimant qu’elle fragilise inutilement la cohésion de l’exécutif. Une sortie qui vise à fermer le débat, alors que les commentaires sur une rivalité larvée entre les deux têtes de l’exécutif se multiplient.

Sur le plan politique, Dr Abdourahamane Diouf assure également que les 130 députés de la majorité sont alignés derrière le président. Pourtant, dans la pratique, ces parlementaires apparaissent davantage proches de Ousmane Sonko. Ils ont récemment adopté une proposition de loi modifiant le Code électoral, malgré les réserves exprimées par la coalition Diomaye Président, qui dénonçait une procédure « précipitée » sans caractère d’urgence.

Entre affirmation d’autorité institutionnelle et réalités politiques mouvantes, les déclarations du ministre traduisent une volonté claire : réaffirmer la primauté présidentielle et couper court aux spéculations sur une éventuelle dualité au sommet de l’État.

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