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Amical États-Unis–Sénégal : le signal d’alarme venu de Charlotte

Battu par les États-Unis (2-3) dimanche à Charlotte, le Sénégal a laissé apparaître des fissures inquiétantes à moins de deux semaines de son entrée en lice à la Coupe du monde 2026. Si Sadio Mané a encore porté l’attaque, les errements défensifs observés face au Brésil en novembre dernier ont ressurgi avec une régularité préoccupante. Un chantier majeur attend désormais Pape Thiaw.

Cette rencontre devait servir de répétition générale. Elle a surtout confirmé que les Lions n’ont pas encore trouvé leur équilibre. Face à une sélection américaine pourtant en manque de confiance après deux revers consécutifs, le Sénégal a été mis à nu dans des secteurs déjà identifiés comme problématiques : les transitions défensives, la gestion du pressing adverse et l’occupation des espaces dans le bloc médian. Des lacunes que le Sénégal traine depuis plusieurs matchs et qui ont été de nouveau mises à nu par les Américains.

Mauricio Pochettino avait visiblement ciblé les faiblesses sénégalaises avec précision. Son équipe a constamment cherché à étirer le bloc, à attaquer les demi-espaces et à exposer les défenseurs centraux dans les grands espaces. Christian Pulisic, Giovanni Reyna et Ricardo Pepi ont multiplié les déplacements entre les lignes, obligeant l’arrière-garde sénégalaise à défendre en reculant.

Le premier but américain illustre parfaitement les maux du moment. Sur une séquence pourtant anodine, Abdoulaye Seck sort sur Pepi, laissant un espace important dans son dos. Aucun milieu ne vient compenser cette sortie, tandis que Mamadou Sarr tarde à resserrer dans l’axe. Pulisic profite de cette désorganisation pour attaquer la profondeur avant de servir Sergiño Dest, oublié au second poteau. Une action symptomatique d’un manque de coordination collective davantage que d’une simple erreur individuelle.

Des centraux qui n’ont pas marqué de points

L’absence de Kalidou Koulibaly représentait une opportunité pour plusieurs prétendants. Aucun n’a véritablement su la saisir. Mamadou Sarr a semblé manquer de rythme et de repères dans les moments clés. Abdoulaye Seck, lui, a encore affiché ses limites dans la relance et souffert face à la mobilité des attaquants américains. Quant à Moustapha Mbow, lancé à la pause pour apporter davantage de sérénité, il a vécu une entrée extrêmement compliquée.

Déjà averti par une perte de balle qui avait conduit à un but finalement refusé, le défenseur du Paris FC s’est ensuite montré hésitant sur plusieurs situations, notamment sur le troisième but inscrit par Folarin Balogun. Ses placements approximatifs et ses prises de décision tardives ont accentué l’impression d’instabilité qui se dégageait de la défense sénégalaise.

Mais limiter les difficultés des Lions à leurs seuls défenseurs serait réducteur. Le problème est avant tout collectif. Trop souvent, les ailiers n’ont pas accompagné les replis. Les milieux ont laissé des espaces béants dans leur dos. Et lorsque le premier rideau était éliminé, la défense se retrouvait exposée sans protection.

Le chantier prioritaire de Pape Thiaw

Paradoxalement, les meilleures séquences sénégalaises sont apparues lorsque le bloc est resté compact. Dans ces moments-là, les sorties de balle étaient plus propres et les transitions offensives plus tranchantes. Le premier but de Sadio Mané est d’ailleurs né d’une phase collective bien mieux maîtrisée.

Le véritable défi de Pape Thiaw concerne désormais l’organisation défensive. Le fonctionnement du bloc médian, les couvertures à la perte du ballon et les transitions défensives apparaissent comme les principaux axes de travail. La prestation de Lamine Camara illustre également certaines interrogations. Brillant techniquement, le milieu formé à Génération Foot prend parfois des risques importants lorsqu’il est laissé seul devant la défense, un rôle qui exige des qualités de sentinelle plus proches de celles d’Idrissa Gana Gueye. Une rencontre où le Sénégal a encore exposé des difficultés quand il y a un pressing man-to-man sur ses points de relance et qu’il n’y pas ce point de fixation en attaque pour tenter le jeu long.

Offensivement, seul Mané a véritablement surnagé. Nicolas Jackson a alterné le bon et le moins bon sans parvenir à faire basculer la rencontre. Iliman Ndiaye est resté discret et ne semble pas avoir pris l’avantage dans son duel à distance avec Izo pour une place de titulaire. Les entrants, à l’exception d’un Chérif Ndiaye utile dans son rôle de point d’appui, n’ont pas changé le visage du match.

« Les États-Unis ont réussi à nous mettre en difficulté (…) Leur plan de jeu a plus marché que le nôtre », a reconnu lucidement Pape Thiaw après la rencontre.

Le sélectionneur dispose désormais d’une dizaine de jours et d’un ultime test face à l’Arabie saoudite, le 9 juin, pour corriger ces défaillances. Car à ce stade, le principal danger pour les Lions n’est pas leur capacité à marquer. C’est leur incapacité actuelle à empêcher l’adversaire de le faire. À l’approche du Mondial, c’est sans doute la plus inquiétante des réalités.

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