
États-Unis – Sénégal (3-2) : les Lions retombent sur terre et exposent leurs fragilités
Après dix sorties sans défaite, le Sénégal a chuté face aux États-Unis (3-2), dimanche à Charlotte. Une rencontre riche en enseignements pour Pape Thiaw, dont les hommes ont une nouvelle fois payé leurs errements défensifs et leurs difficultés dans les entames de match. À un peu plus de dix jours de l’ouverture de la Coupe du monde 2026, les signaux envoyés par les Lions interrogent autant qu’ils alertent.
Cette fois, le réveil sénégalais est arrivé trop tard. À la Bank of America Stadium de Charlotte, dans une ambiance typiquement américaine entre hymne chanté a cappella et feux d’artifice avant le coup d’envoi, les Lions ont longtemps couru après le score avant de s’incliner face à une sélection américaine plus agressive et surtout beaucoup plus efficace dans les transitions (3-2).
Pour cette répétition générale, Pape Thiaw avait pourtant choisi de redistribuer les cartes. Devant Mory Diaw, la charnière Abdoulaye Seck – Mamadou Sarr était alignée, tandis que le jeune Bara Sapoko Ndiaye honorait sa première sélection au milieu aux côtés de Lamine Camara et Habib Diarra. Un choix audacieux qui allait rapidement être mis à l’épreuve.
Une entame encore ratée
Comme trop souvent ces derniers mois, le Sénégal est entré dans son match avec retard. Étouffés par le pressing et l’organisation en 3-4-3 de Mauricio Pochettino, les Lions ont peiné à ressortir proprement les ballons et à contrôler les espaces.
L’ouverture du score américaine est venue récompenser cette domination. À la conclusion d’une action collective parfaitement exécutée, Sergiño Dest profitait d’un centre de Christian Pulisic pour battre Mory Diaw dès la 7e minute. Treize minutes plus tard, le même Pulisic profitait d’une transition éclair pour doubler la mise après avoir éliminé le portier sénégalais (20e).
Pendant vingt-cinq minutes, le Sénégal a semblé constamment en retard, incapable de fermer les espaces entre les lignes et souvent dépassé par la vitesse d’exécution adverse.
Pourtant, les Lions ont progressivement retrouvé de la cohérence. Bara Sapoko, sans complexe pour sa première, a tenté d’apporter de la verticalité, tandis qu’Habib Diarra a un peu plus se montrer. C’est d’ailleurs le joueur de Sunderland qui a initié la réduction du score en lançant parfaitement Sadio Mané, auteur d’une finition clinique juste avant la pause (43e).
Des failles défensives préoccupantes
Le retour des vestiaires a offert une illusion de révolte. Profitant d’un énorme travail de Nicolas Jackson sur le pressing, Sadio Mané remettait les deux équipes à égalité dès la 53e minute.
Mais ce sursaut n’a pas masqué les défaillances sénégalaises. Les entrées de Moustapha Mbow et d’El Hadj Malick Diouf n’ont pas stabilisé une arrière-garde déjà en souffrance. Balogun, régulièrement trouvé dans le dos de la défense, a d’abord vu un but refusé avant de finalement redonner l’avantage aux États-Unis à l’heure de jeu (64e). Un nouveau mouvement où le marquage sénégalais s’est révélé beaucoup trop permissif.
La suite a ressemblé à un exercice de survie. Entre mauvais alignements, pertes de balle dangereuses et espaces béants dans les couloirs, les Lions ont subi. Sans deux interventions décisives de Mory Diaw (74’) et une frappe sur le poteau de McKennie sur la même action, l’addition aurait même pu être plus lourde.
Cette défaite laisse un goût amer. Au-delà du résultat, elle rappelle que le Sénégal n’avait plus encaissé trois buts dans un même match depuis son élimination contre l’Angleterre (3-0) en huitième de finale de la Coupe du monde 2022. Un rappel brutal des exigences du très haut niveau.
À quelques jours du rendez-vous mondial, Pape Thiaw dispose désormais d’une liste claire des chantiers prioritaires : corriger les entames de match, sécuriser les transitions défensives et retrouver davantage de rigueur collective. Car face à des adversaires du calibre de la France, de la Norvège ou de l’Irak, les largesses aperçues à Charlotte pourraient coûter bien plus qu’un simple match amical.


