
Mort suspect à Bargny: des accusations d’anthropophagie au cœur du procès de Khadidiatou Diallo
Au tribunal correctionnel de Dakar, l’audience du mercredi 22 avril 2026 a été dominée par une affaire aussi sensible que bouleversante, marquée par de lourdes accusations d’anthropophagie. Selon nos confrères du journal Les Échos, le procès de Khadidiatou Diallo, poursuivie après des déclarations publiques visant une famille voisine, a été mis en délibéré au 13 mai prochain.
À l’origine de cette affaire, le décès tragique en 2024 à Bargny de la jeune Aïcha Ndong, 14 ans, retrouvée morte dans des circonstances encore non élucidées. Depuis ce drame, sa mère n’a cessé de dénoncer ce qu’elle considère comme un crime, accusant publiquement, à travers des vidéos diffusées sur TikTok, des proches de l’entourage de sa fille d’actes d’anthropophagie.
Ces propos ont conduit Moussa Ndione, grand-père d’une adolescente citée dans ces accusations, à saisir la justice. Il reproche à la prévenue des injures publiques, la diffusion de données personnelles et des propos contraires aux bonnes mœurs. À la barre, il a évoqué « une année d’attaques » visant sa famille, tout en précisant ne réclamer aucun dédommagement, mais simplement l’arrêt de ces accusations.
Face au tribunal, Khadidiatou Diallo a reconnu être à l’origine de plusieurs prises de parole en ligne, tout en niant avoir directement nommé le plaignant. Elle maintient toutefois ses accusations, évoquant des « sorciers » responsables de la mort de sa fille, dans une démarche qu’elle présente comme une quête de vérité.
L’audience a été marquée par une forte émotion. Visiblement affectée, la prévenue a laissé apparaître un profond traumatisme lié à la perte de son enfant. Les magistrats ont insisté sur les conséquences juridiques de telles accusations publiques, tout en appelant à une prise en charge psychologique face à un deuil non surmonté.
Malgré ce contexte, le ministère public a requis l’application de la loi pénale, estimant que la gravité des accusations d’anthropophagie ne pouvait rester sans réponse. La défense, assurée par Me Aboubacry Barro, a plaidé la relaxe, invoquant l’état psychologique fragile de sa cliente.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 13 mai 2026.



