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Mondial 2026 : Chérif Ndiaye, le « mal-aimé »

Critiqué, contesté, parfois moqué, Chérif Ndiaye continue pourtant de répondre présent à chaque fois que le Sénégal fait appel à lui. Sélectionné parmi les 28 Lions de Pape Thiaw pour le Mondial 2026, l’attaquant de Samsunspor s’avance vers la première Coupe du monde de sa carrière avec une étrange étiquette, celle du bouc émissaire idéal. Une défiance populaire qui contraste pourtant avec son rendement réel sous le maillot national.

Au Sénégal, certains joueurs bénéficient d’un crédit presque illimité. D’autres doivent justifier chaque convocation, chaque entrée en jeu, chaque ballon touché. Chérif Ndiaye est parmi ceux qui sont associés à cette seconde catégorie. À tel point qu’une formule wolof sied à son cas : « Chérif mo niaweu yaay ». Une manière crue de dire qu’il est devenu la cible facile, le joueur que l’on critique avant même le coup d’envoi. Pourtant, les chiffres racontent une autre histoire.

Un but tous les 87 minutes

Avec seulement 17 sélections et deux titularisations, l’attaquant de Samsunspor affiche déjà quatre buts sous le maillot des Lions. Un ratio plus qu’honorable. À titre de comparaison, Nicolas Jackson, titulaire désigné de l’attaque sénégalaise, compte huit buts en 31 sélections et 20 titularisations. Habib Diallo, lui, en est à neuf réalisations en 57 apparitions alors que Boulaye en compte 6 en 38 sélections. Chérif Ndiaye, avec un temps de jeu largement inférieur, tourne autour d’un but toutes les 87 minutes. Une efficacité qui force le respect.

Il ne possède certes pas la palette technique d’un Nicolas Jackson puisque moins élégant, moins spectaculaire, moins médiatique aussi. Mais le football international ne se résume pas au style. Dans les grandes compétitions, les sélectionneurs recherchent aussi des profils capables d’optimiser la moindre opportunité, de peser sur une défense en quelques minutes et d’accepter un rôle secondaire sans perturber l’équilibre du groupe.

Et c’est précisément là que Chérif Ndiaye marque des points.

Dans un vestiaire de haut niveau, les entraîneurs valorisent souvent les joueurs disciplinés, patients et irréprochables dans l’investissement quotidien. Chérif Ndiaye ne conteste jamais son statut, ne crée aucune tension et garde la même implication, qu’il soit titulaire ou remplaçant. Ce type de comportement compte énormément dans la construction d’un groupe appelé à vivre plusieurs semaines ensemble pendant un Mondial.

Le « Giroud » sénégalais

Son rendement lors de la dernière CAN a d’ailleurs consolidé son crédit auprès du staff. Sans être titulaire, il avait trouvé le chemin des filets à deux reprises, prouvant sa capacité à exister dans un rôle de joker offensif.

Alors pourquoi une telle défiance populaire ? La réponse est multiple. Beaucoup ne lui ont jamais pardonné son occasion manquée en finale de la CAN contre le Maroc, lorsque Bono détourna sa frappe au dernier instant. D’autres lui reprochent d’évoluer loin des grands championnats européens. Certains, enfin, gardent en mémoire sa sortie maladroite sur les réseaux sociaux concernant les nombreuses sollicitations financières qu’il recevait, un épisode perçu comme un manque d’humilité.

Mais au-delà de l’émotion et des perceptions, le terrain continue de parler pour lui. À défaut d’être le plus séduisant, Chérif Ndiaye reste l’un des attaquants sénégalais les plus efficaces en sélection. Un peu comme Olivier Giroud avec la France : rarement adulé, souvent contesté, mais toujours utile quand le collectif en a besoin.

Contesté par une partie du public, rarement valorisé à sa juste mesure, le Boy Medina avance pourtant avec des statistiques solides et la confiance intacte de Pape Thiaw. Le Mondial 2026 représente désormais une opportunité unique : celle de faire taire les critiques définitivement et de transformer son statut de « mal-aimé » en celui de héros inattendu des Lions.

 

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