
Mondial 2026 – Battus (3-1): les Lions sont fait manger à la sauce française
Pendant une mi-temps, les Lions ont regardé la France droit dans les yeux, étouffant les offensives de Kylian Mbappé et de ses partenaires grâce à un bloc compact et discipliné. Mais après la pause, les hommes de Pape Thiaw ont progressivement cédé physiquement avant de s’incliner logiquement (3-1) au MetLife Stadium. Une entrée en lice frustrante qui éloigne un peu plus le souvenir de l’exploit de 2002 et place déjà le Sénégal sous pression dans ce Mondial 2026.
Le scénario n’aura finalement rien eu de celui de 2002. Vingt-quatre ans après l’exploit historique réalisé contre les Bleus en ouverture de la Coupe du monde, le Sénégal a cette fois cédé devant la logique. Battus 3-1 par la France mardi soir au MetLife Stadium, les Lions de Pape Thiaw ont longtemps regardé les vice-champions du monde dans les yeux avant de s’effondrer physiquement lors d’une seconde période à sens unique.
Le sélectionneur sénégalais avait pourtant tenté un pari fort. Malgré leur manque de rythme ces dernières semaines, Kalidou Koulibaly et Idrissa Gana Guèye étaient bien titulaires pour apporter leur expérience à un groupe qui rêvait de frapper un grand coup d’entrée.
Et pendant quarante-cinq minutes, le plan sénégalais a parfaitement fonctionné.
Bien organisés dans un bloc compact, agressifs dans les duels et disciplinés dans les replis, les Lions ont étouffé une équipe de France incapable de trouver des espaces. La première alerte est même venue du camp sénégalais. Après une récupération autoritaire d’El Hadji Malick Diouf sur Kylian Mbappé (24e), Nicolas Jackson a fixé Dayot Upamecano avant de voir sa frappe heurter le poteau puis frôler le cadre après un rebond sur Mike Maignan.
La domination territoriale française (56 % de possession) n’a alors produit quasiment aucun danger. Symbole de cette stérilité, les Bleus n’ont tenté qu’un seul tir durant le premier acte. Une statistique historiquement faible à ce stade de la compétition. De son côté, le Sénégal s’est même procuré la meilleure occasion juste avant la pause lorsque Sadio Mané a parfaitement débordé avant de servir Ismaïla Sarr, dont la reprise s’est envolée au-dessus (45e+6).
Une seconde période complétement ratée
Mais le visage du match a changé au retour des vestiaires. Plus agressive dans le pressing, plus juste techniquement et mieux installée dans le camp adverse, la France a progressivement repoussé les Lions. Les pertes de balle sénégalaises se sont multipliées, les courses sont devenues moins tranchantes et les espaces ont commencé à apparaître entre les lignes.
Édouard Mendy a d’abord retardé l’échéance devant Michael Olise (52e) puis Mbappé (56e). Mais la résistance sénégalaise a fini par céder à la 65e minute. Trouvé par Olise, Mbappé a devancé Koulibaly avant de tromper Mendy d’une frappe croisée.
Un but qui a mis en lumière les limites physiques d’un Sénégal incapable de retrouver l’intensité affichée avant la pause. Les entrées de Habib Diarra et d’Ibrahim Mbaye n’ont pas inversé la tendance. Mieux, la France a continué d’accélérer. Sur une nouvelle transition rapide, Bradley Barcola a pris de vitesse Koulibaly pour inscrire le but du break d’un subtil ballon piqué (81e).
La réduction du score d’Ibrahim Mbaye dans le temps additionnel (90e+4), après un superbe service d’Iliman Ndiaye, a brièvement entretenu l’espoir. Une illusion immédiatement dissipée par Mbappé, auteur de son doublé dans la foulée (90e+5).
Comme avant le coup d’envoi, où les probabilités accordaient plus de 77 % de chances de victoire aux Bleus, la hiérarchie a finalement été respectée. Pour le Sénégal, cette entrée en matière rappelle davantage la désillusion du Mondial 2022 que le souvenir glorieux de Séoul 2002. Les Lions ont montré qu’ils pouvaient rivaliser avec une grande nation pendant une heure. Mais à ce niveau, cela ne suffit plus. Face à la France, ils ont tenu avant de se liquéfier. Et leur Mondial est déjà sous pression.



