Mondial 2026 – Ambiance plus travailleuse dans la Tanière : dans le silence de Rutgers, les Lions préparent leur révolte
Il n’y avait ni éclats de rire tonitruants, ni longues séances de chambrage. Quarante-huit heures après la défaite inaugurale contre la France (1-3), la Tanière a changé de visage. Au Miller Family Soccer Complex de l’Université Rutgers, le Sénégal a repris le travail jeudi dans une atmosphère plus dense, comme si chacun avait pleinement pris conscience de l’urgence de la situation.
Après une journée de repos accordée au groupe, cette première séance post-France avait des allures de rentrée des classes. Une reprise dans un contexte particulier : les Lions savent déjà qu’ils jouent une partie de leur avenir dans cette Coupe du monde lors de leur prochaine sortie face à la Norvège. Battus par les vice-champions du monde, ils n’ont plus beaucoup de marge dans un groupe relevé où chaque point comptera.
Avant même d’apercevoir les joueurs, le ton était donné. Comme à l’hôtel Hyatt Regency de New Brunswick, le dispositif sécuritaire était encore au rendez-vous pour préserver la quiétude des c. Premier contrôle aux barrières, badges vérifiés minutieusement. Puis, fait inhabituel, passage obligatoire des effets personnels aux rayons X sous la supervision d’agents de sécurité. Les journalistes, sénégalais mais aussi venus de France 2, de l’AFP ou d’autres médias occidentaux, ont ensuite été invités à patienter dans une salle dédiée jusqu’à l’autorisation d’accès.
Dans ce complexe exclusivement réservé aux Lions pendant le Mondial, le silence régnait presque en maître. Quelques invités triés sur le volet ont néanmoins été aperçus, parmi lesquels la légende de la lutte sénégalaise Modou Lô ou encore Awa Niang de la Sonatel.
Une concentration visible à chaque geste
Lorsque le signal est finalement donné à 16h51 heure locale (20h51 Gmt) par Kara Thioune, officier média de la FSF, une vingtaine de journalistes pénètrent sur le terrain. À l’entrée, plusieurs figures du football sénégalais sont présentes : Babacar Ndiaye, Serge Diatta, El Hadji Diouf, Khalilou Fadiga ou encore Cheikh Tahirou Fall, directeur du Sport de haut niveau. Ce dernier quittera d’ailleurs les lieux en boitant visiblement, soutenu par Fadiga et le président de Teungueth FC.
Mais l’attention se porte rapidement vers la pelouse. Mamadou Sarr est le premier joueur à apparaître. Le défenseur échange quelques passes avec El Hadji Diouf avant d’être rejoint progressivement par ses partenaires.
À 17h04 heure locale (21h GMT), les Lions forment le traditionnel cercle de prière. Deux tours de terrain suivent, puis les étirements sous la conduite du préparateur physique, Hussein Farhat (surnommé Flamma Coach). De l’autre côté du terrain, Pape Thiaw échange longuement avec les membres de son staff. Sous 31 degrés, avec un soleil moins agressif que les jours précédents mais des rafales de vent persistantes, la séance démarre sans éclat particulier.
Le constat saute rapidement aux yeux : les visages sont fermés. Quelques sourires subsistent, mais l’insouciance des premiers jours a disparu. Les joueurs parlent moins, plaisantent moins. Même El Hadji Diouf qui assurait souvent l’ambiance s’est montré discret. La défaite face aux Bleus a laissé des traces, sans pour autant entamer leur détermination.
Edouard seul absent, la Norvège dans toutes les têtes
Seul absent notable, Édouard Mendy. Le gardien sénégalais est resté aux soins et n’a pas effectué le déplacement au centre d’entraînement. Aucun signe d’inquiétude particulier n’a toutefois filtré du staff. Tous les autres joueurs ont participé normalement aux exercices d’échauffement et aux premiers ateliers techniques.
Au bout de quinze minutes, les journalistes sont invités à quitter les lieux. Rideau. Aucun joueur ne s’exprime. Aucun message n’est envoyé vers l’extérieur. Les Lions se replongent dans leur bulle.
« Les joueurs sont conscients de ce qui les attend. On sent une plus grande concentration. Ils savent qu’ils n’ont pas droit à l’erreur et que tout un peuple attend un sursaut d’orgueil », confie une source au sein de la délégation sénégalaise.
Dans cette Tanière désormais refermée sur elle-même, l’heure n’est plus aux promesses mais aux actes. Le Sénégal veut croire que son Mondial ne s’est pas arrêté face à la France. Pour cela, il faudra répondre présent contre la Norvège. Et à voir les mines concentrées aperçues jeudi à Rutgers, les Lions ont déjà entamé leur mission rachat.



