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Magal 2026 : à J-1, Touba vit au rythme des derniers préparatifs

Le soleil vient à peine de se lever que les grandes artères de Touba sont déjà noires de monde. Des véhicules immatriculés aux quatre coins du Sénégal, mais aussi de la sous-région, se succèdent dans un ballet ininterrompu. Les klaxons répondent aux appels des vendeurs ambulants, tandis que des milliers de pèlerins, sacs sur les épaules et tapis de prière à la main, convergent vers la ville sainte. À 24 heures du Grand Magal, Touba ne dort presque plus.

Dans les quartiers de Darou Khoudoss, Gouye Mbind ou encore près de la Grande Mosquée, les rues se transforment en une immense marée humaine. Chaque minute voit arriver de nouveaux fidèles venus répondre à l’appel de Khadimou Rassoul.

À la gare routière, les bus déchargent leurs passagers sans interruption. Assis sur ses bagages, Cheikh Ndiaye, venu de Kédougou après plus de douze heures de voyage, affiche un large sourire malgré la fatigue.

« Nous économisons toute l’année pour venir au Magal. Quand on aperçoit les minarets de Touba, on oublie les kilomètres parcourus. C’est une émotion difficile à expliquer. »

À quelques mètres, un autre groupe de pèlerin  venu de Ziguinchor retrouve des proches installés à Touba. Les embrassades se succèdent. Les enfants courent dans tous les sens.

« Le Magal, c’est aussi les retrouvailles. Toute la famille est réunie autour de Serigne Touba », confie la mère de famille, les yeux brillants.

Au marché Ocass, difficile de se frayer un chemin. Les étals débordent de dattes, de sucre, de riz, de lait, de tissus, de chapelets, de parfums et d’articles religieux. Mais cette année encore, un produit attire particulièrement les acheteurs : les chaussettes.

« Depuis trois jours, nous ne nous arrêtons presque pas. Les pèlerins achètent plusieurs paires pour marcher plus confortablement, surtout avec les pluies », explique un commerçant.

À côté, les vendeurs de parapluies, de bottes, de sacs imperméables et de bâches réalisent eux aussi de bonnes affaires. L’hivernage a modifié certaines habitudes de consommation.

Dans les concessions religieuses, l’heure est aux derniers réglages. De jeunes volontaires installent des matelas. D’autres remplissent d’immenses marmites destinées aux repas des pèlerins. Sous des tentes, les femmes s’activent autour des foyers.

Le parfum du café Touba se mélange à celui des plats en préparation. Dans une concession, un responsable de dahira coordonne les équipes.

« Nous accueillons plusieurs milliers de personnes. Ici, chacun connaît sa mission. Certains s’occupent de l’hébergement, d’autres de la restauration ou de l’orientation. Tout doit être prêt avant demain. »

Sur les principaux axes, policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers, agents de santé et volontaires multiplient les patrouilles. Les équipes de nettoyage interviennent sans relâche. Des citernes approvisionnent certains quartiers en eau. Les services techniques vérifient l’éclairage public. À chaque carrefour, des bénévoles orientent les nouveaux arrivants.

L’objectif est le même : permettre aux millions de pèlerins de vivre leur Magal dans les meilleures conditions de sécurité et de sérénité.

Au-delà de l’effervescence, c’est un esprit de solidarité qui frappe le visiteur. Devant de nombreuses maisons, des habitants distribuent gratuitement de l’eau fraîche, du café Touba ou des repas.

« À Touba, pendant le Magal, chacun devient le frère de l’autre », résume un habitant. Cette hospitalité fait partie des valeurs que les Mourides s’efforcent de perpétuer d’année en année.

À mesure que le Magal approche, Touba ne ralentit plus. Les derniers bus de transport, Ndiaga Ndiaga Ndiayeet même les voiture particulières ou officielles continuent d’arriver. Les haut-parleurs diffusent des khassaïdes. Les fidèles poursuivent leurs prières.

Dans quelques heures, des millions de pèlerins commémoreront le 132 ème édition du départ d’exil de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme.

À J-1, Touba offre déjà le visage d’une ville en pleine communion, où la ferveur religieuse, la solidarité et l’organisation collective se conjuguent pour faire du Grand Magal l’un des plus grands rassemblements spirituels du continent africain.

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