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Grand Angle | Sonacos : la fabrique de talents qui alimente le football sénégalais

Pendant que la Sonacos s’apprête à retrouver la Ligue 2 après sa relégation, son influence sur le football sénégalais ne cesse de grandir. À Diourbel, les résultats sportifs ne racontent plus toute l’histoire. Depuis plusieurs saisons, le club huilier s’est imposé comme l’une des meilleures pépinières de talents du pays, au point de devenir un marché incontournable à chaque mercato. Teungueth FC, Ajel, Jaraaf, Pikine ou encore des clubs étrangers viennent désormais puiser dans ce vivier qui a fait de la formation son principal moteur.

Le marché des Huiliers ne désemplit pas

Le mercato estival 2026 confirme une tendance installée depuis plusieurs années. Les meilleurs éléments de la Sonacos sont très recherchés.

Champion du Sénégal et engagé en Ligue des champions de la CAF, Teungueth FC s’est déjà attaché les services de deux joueurs en provenance de Diourbel : l’arrière gauche Mbaye Bèye et le meneur de jeu Seydou Nourou Ndione. Deux recrues qui ont brillé malgré la relégation de leur club.

Le vice-champion Ajel a lui aussi misé sur le savoir-faire de la Sonacos en recrutant Cheikh Sadibou Sadio, solide défenseur central, titulaire à 27 reprises la saison passée et vainqueur de la Coupe de la Ligue.

Ce n’est pas un hasard. Depuis plusieurs saisons, les clubs les plus ambitieux du championnat savent qu’ils trouveront à Diourbel des joueurs déjà préparés au haut niveau.

Les anciens Huiliers brillent partout

L’influence de la Sonacos dépasse largement les frontières de Diourbel. Le titre remporté par Teungueth FC cette saison porte aussi la signature de deux anciens Huiliers : le défenseur Alassane Ly, devenu incontournable dans l’effectif rufisquois, et l’attaquant Papa Massamba Junior Gaye, plus connu sous le surnom de « Dembélé ».

Au Jaraaf, plusieurs joueurs sont également passés par la Sonacos, notamment Pape Souleymane Dione, Nouha Coly ou encore le latéral droit Adama Barry « Sabaly », arrivé récemment.

À Pikine, le gardien Amar Fall s’est lui aussi imposé après avoir été formé chez les Huiliers. Quant à Mbaye Yaya Ly, ancien milieu de terrain du club, il poursuit désormais sa carrière en Irak.

La Sonacos est ainsi devenue un véritable fournisseur de talents pour l’élite sénégalaise.

Une pépinière qui s’exporte

Le rayonnement de la Sonacos ne s’arrête pas au championnat national. Le défenseur Amadou Seidou Niang évolue aujourd’hui sous les couleurs d’Al Ain, aux Émirats arabes unis. Il avait même pris part à la dernière Coupe du monde des clubs aux USA.  Avant lui, le gardien Landing Badji, qui a intégré l’équipe première des Huiliers à 16 ans. il a été ensuite repéré par Pikine. Champion d’Afrique U20 en 2023, il évolue ces dernières années au Qatar.

Mais celui qui symbolise le mieux cette réussite reste Ibrahima Faye, dit « Mbappé ». Attaquant complet, redoutable dans la surface, performant dans le jeu aérien comme au pressing, il est considéré en interne comme le joueur qui a changé la philosophie du club.

Le pari des jeunes qui a tout changé

À l’origine de cette révolution se trouve un choix assumé : faire confiance aux jeunes. Samba Harouna Ba, l’un des principaux formateurs de la Sonacos, se souvient du moment où tout a basculé.

« Au début, c’était compliqué parce qu’on misait sur des jeunes qui n’avaient aucune expérience. Lors de la saison de la montée en 2021-2022, nous avions beaucoup de blessés avant un match décisif. Le président m’a demandé qui allait débuter en attaque. Je lui ai répondu : Ibrahima Faye. Il m’a dit que nous allions perdre et rater la montée. Finalement, il a inscrit un doublé. Depuis ce jour, nous avons appris à faire confiance aux jeunes. »

Cette rencontre a marqué un tournant dans la stratégie sportive du club.

Une nouvelle politique née de la crise

Si la Sonacos est devenue une référence en matière de formation, c’est aussi parce qu’elle a dû s’adapter.

« Dans les années 1980 et 1990, la Sonacos était composée d’internationaux et de grands joueurs. Le club bénéficiait de la stabilité financière apportée par l’usine. Mais à partir des saisons 2019-2020, et surtout avec la Covid-19, tout a changé. Nous avons dû revoir notre modèle économique. Nous avons décidé de miser sur les jeunes, de repérer des talents dans les divisions inférieures, de les former puis de les valoriser », explique Samba Harouna Ba.

Cette stratégie a rapidement porté ses fruits. « C’était une initiative du coach Mame Niang, de coach Toumani et de moi-même. Nous sommes passés des petites catégories à l’équipe première. En 2021, nous avons fait monter huit joueurs, dont cinq sont aujourd’hui professionnels. »

Des titres pour valider le travail de formation

Véritable vivier de formation, la Sonacos voit régulièrement ses équipes de jeunes s’illustrer sur la scène nationale. Finaliste malheureuse de la Coupe de la Ligue U20 en 2025, la formation diourbelloise est revenue encore plus forte cette saison en décrochant le trophée. Emmenés par de jeunes talents comme Seydou Nourou Ndione ou encore Cheikh Sadibou Sadio, les Huiliers ont confirmé la qualité de leur travail de formation, écrivant une nouvelle page de l’histoire du club. Ce sacre est venu renforcer la réputation de la Sonacos comme l’une des meilleures pépinières de talents du football sénégalais.

Former pour vendre… et assurer l’avenir du club

Le président Oumar Samb assume pleinement cette vision. Pour lui, la vente de joueurs constitue désormais un pilier du développement économique de la Sonacos.

« Tous les joueurs que nous plaçons nous intéressent aussi pour leurs futures reventes. C’est là que la Sonacos gagnera véritablement », avait-il confié lors d’un entretien accordé à Dsports, il y a un an.

Le dirigeant ne cache pas non plus sa philosophie. « Chez nous, on ne retient jamais un joueur lorsqu’il reçoit une bonne offre. Teungueth et le Jaraaf sont d’excellentes destinations parce qu’ils vendent régulièrement à l’étranger. Lorsqu’on aura stabilisé le club financièrement, nous pourrons aussi ambitionner de jouer les premiers rôles en championnat. »

La relégation ne change rien au modèle

Descendue en Ligue 2, la Sonacos continue pourtant d’attirer les regards. Son véritable championnat se joue désormais ailleurs : dans la détection, la formation et la valorisation de jeunes talents. Là où d’autres clubs construisent leurs succès en recrutant, les Huiliers construisent leur avenir en formant.

Et à voir l’intérêt constant des plus grandes écuries du pays pour ses joueurs, la Sonacos s’est définitivement imposée comme l’une des plus grandes usines à talents du football sénégalais.

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