
À la veille d’un derby dakarois toujours électrique, l’US Gorée et le Jaraaf affichent des ambitions opposées mais une même détermination. Entre pression du classement et orgueil à défendre, la 23e journée promet un choc à haute intensité au stade Djaguily Bagayokho.
Il y a des matches qui dépassent les simples enjeux comptables. Le duel entre l’US Gorée (2e, 39 pts +16) et le Jaraaf (8e, 28 pts +1) en fait partie. À 24 heures du coup d’envoi, les discours entendus en conférence de presse traduisent autant la tension que la maîtrise attendue pour ce rendez-vous majeur du championnat.
« Il y aura tout sauf de la violence »
Côté insulaire, le message est clair : pas question de laisser filer le leader AJEL Rufisque. « C’est un derby, mais on le prépare comme tous les autres matchs », tempère d’abord Olivier Kabou, avant de rappeler la spécificité de l’affiche : « Il y a une histoire derrière. On va jouer à fond, avec du spectacle. » Battus à l’aller (2-0), les Goréens veulent inverser la tendance, forts d’une progression assumée : « On s’est amélioré. Mentalement, on est là. »
Le technicien adjoint insiste sur un équilibre à trouver : « Il y aura tout sauf de la violence. On ne va pas sacrifier le beau jeu. » Mais face au champion en titre, la vigilance est de mise : « La clé, c’est de respecter le Jaraaf. Sinon, on va payer les pots cassés. » Dans le vestiaire, la défaite récente face à l’UGB a servi d’électrochoc, réveillant un groupe « déterminé » à jouer sa carte jusqu’au bout.
Sur le terrain, le capitaine Ousmane Mbengue incarne cette revanche attendue. « Un derby, ça se gagne », tranche-t-il. Habitué à ces confrontations, il ne cache pas l’enjeu psychologique : « À chaque fois qu’on joue le Jaraaf, ils nous battent. Cette fois-ci, on fera tout pour les battre ».
« Le championnat n’est pas fini »
En face, le discours se veut lucide mais ambitieux. Demba Ba ne masque pas le retard au classement, tout en refusant de céder au fatalisme : « Le championnat n’est pas fini. On prend match par match. Il faut battre Gorée pour espérer aller en haut. » Conscient des forces adverses, le coach médinois s’attend à « de l’impact et de l’intensité », promettant une réponse adaptée : « S’ils viennent avec ça, on répondra. S’il faut jouer, on jouera. »
Le technicien pointe surtout les manques offensifs de son équipe : « Une équipe qui ne marque pas ne gagne pas. » Un secteur travaillé cette semaine, dans un contexte de reconstruction après plusieurs départs. « Quand on est champion, on perd des joueurs. Sans moyens pour les remplacer, ça ne passe pas », glisse-t-il, évoquant aussi la continuité du travail entamé par Souleymane Diallo.
Dans le vestiaire vert et blanc, la détermination reste intacte. El Hadj Malick Sembène assume les difficultés mais refuse toute résignation : « Nous restons le Jaraaf. Il faut le montrer demain. » Face à « l’une des meilleures équipes du moment », le défenseur appelle à « plus de concentration et d’engagement » pour relancer la machine.
Entre un dauphin ambitieux et un champion piqué dans son orgueil, ce derby s’annonce comme un révélateur. À Djaguily Bakhayoko, il y aura plus que trois points en jeu : une dynamique, une fierté et peut-être un tournant dans la course au titre.



