
Couverture médiatique au Sahel : moins de 1 % des contenus consacrés aux énergies renouvelables
Alors que les pays du Sahel sont confrontés à des défis énergétiques et climatiques croissants, la place accordée à la transition énergétique dans les médias reste marginale. C’est ce que révèle une nouvelle étude menée par Africa Climate Insights (ACI) et Teranga Lab, qui dresse un constat préoccupant sur le traitement médiatique des enjeux liés aux énergies renouvelables dans la région.
Intitulé « Médias et transition énergétique au Sahel », le rapport a analysé 7 798 contenus éditoriaux issus de 24 médias de presse écrite et en ligne dans cinq pays : Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Sénégal. Le verdict est sans appel : moins de 1 % des contenus sont consacrés aux énergies renouvelables.
Au-delà de la faible couverture, l’étude souligne un traitement largement superficiel. Dans 97 % des cas, les articles se limitent à des comptes rendus d’événements officiels, sans réelle analyse ni investigation approfondie. La parole médiatique reste également dominée par les autorités politiques et administratives, qui représentent 81 % des sources citées, au détriment des experts, acteurs de la société civile et entrepreneurs du secteur.
Autre tendance relevée : une focalisation quasi exclusive sur l’énergie solaire, qui concentre plus de 70 % de la couverture médiatique, laissant en marge d’autres sources comme l’hydroélectricité ou l’éolien.
Pour comprendre ce déséquilibre, les chercheurs ont interrogé 53 journalistes et responsables de médias dans la région. Plusieurs contraintes structurelles sont mises en avant, notamment la prédominance de l’actualité politique et sécuritaire, l’absence de desks spécialisés sur l’environnement et le manque de formation technique sur les questions climatiques et le journalisme de données.
Face à ce constat, le rapport appelle à une mobilisation plus large. Il recommande notamment un renforcement des capacités des journalistes, une meilleure implication des organisations de la société civile et une diversification des angles de traitement pour accompagner une transition énergétique plus inclusive et mieux comprise par les populations.



