POLITIQUE

Abdourahmane Diouf défie Diomaye Faye: « Si Sonko est limogé, nous censurerons tous vos Premiers ministres »

La tension politique monte d’un cran au sommet de l’État. Alors que les spéculations autour d’un possible limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko continuent d’alimenter le débat public, le député Abdourahmane Diouf a lancé, ce vendredi 8 mai 2026, une sévère mise en garde au président Bassirou Diomaye Faye lors d’une séance plénière à l’Assemblée nationale.

Dans une intervention au ton offensif, le parlementaire a clairement averti le chef de l’État contre toute tentative d’éviction du leader de PASTEF de la Primature. « Si vous licenciez Ousmane Sonko, nous déposerons une motion de censure contre chaque Premier ministre que vous nommerez », a-t-il martelé devant les députés, laissant planer la menace d’une paralysie institutionnelle.

À travers cette sortie, Abdourahmane Diouf met en avant le rapport de force issu des dernières législatives, estimant que la majorité parlementaire reste solidement acquise à Ousmane Sonko. Selon lui, le pouvoir présidentiel de nomination ne suffit pas à garantir la stabilité gouvernementale sans l’adhésion politique de la majorité à l’Assemblée nationale.

« Vous avez cru pouvoir limoger le Premier ministre simplement parce que vous détenez le décret de nomination », a-t-il lancé à l’endroit du chef de l’État. Le député considère que la légitimité politique du Premier ministre dépasse le cadre strictement institutionnel et repose également sur son poids électoral et son influence au sein de la majorité.

Dans un discours qui sonne comme un avertissement politique, Abdourahmane Diouf est allé plus loin en liant directement la stabilité du régime à la présence de Sonko à la tête du gouvernement. « Tant que vous serez au pouvoir, Ousmane Sonko sera Premier ministre s’il le souhaite », a-t-il affirmé, avant de rappeler que le leader de PASTEF demeure, selon lui, le principal détenteur de la majorité parlementaire.

Cette déclaration ravive le spectre d’un bras de fer ouvert entre la Présidence et l’Assemblée nationale. Dans le système institutionnel sénégalais, la motion de censure constitue l’un des principaux leviers dont disposent les députés pour renverser un gouvernement. En brandissant la menace de motions systématiques contre tout éventuel successeur de Sonko, une partie de la majorité semble vouloir verrouiller l’équilibre politique actuel.

Le député a conclu son intervention par une phrase lourde de sens à l’endroit du président Bassirou Diomaye Faye : « Si vous oubliez pourquoi vous êtes au pouvoir, nous vous le rappellerons par des actes. »

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