
Confidences exclusives de Niang Mbaye avant les finales du 12 septembre : « nous voulons marquer l’histoire »
Le football dakarois sera en fête le 12 septembre prochain au stade Ngalandou Diouf de Rufisque. Pour clôturer sa saison, la Ligue de Dakar de football a mis les petits plats dans les grands avec trois finales prévues chez les Cadets, les Juniors et les Seniors. Darou Salam affrontera Ahcadas chez les Cadets, Espoirs sera opposé à Darou Salam en Juniors, tandis que Jappo Olympique défiera Kenza Sarpa chez les Seniors. Président de la Ligue de Dakar de football, Mamadou Niang Mbaye revient sur l’organisation de cette journée qu’il veut transformer en un événement inédit, tout en dressant le bilan de sa première saison à la tête de la plus grande Ligue du Sénégal.
Entretien
Président, comment avez-vous vécu cette première saison à la tête de la Ligue de Dakar de football ?
On savait que ce ne serait pas évident au départ, mais nous avons réussi à relever le défi. Nous sommes à la tête de la plus grande Ligue du Sénégal, avec plus de 130 clubs. Ce n’est donc pas facile à gérer.
Aujourd’hui, nous sommes satisfaits parce que tous les districts ont pu jouer leurs championnats normalement et toute la saison est pratiquement bouclée. Auparavant, il était parfois difficile d’organiser les compétitions, notamment dans les petites catégories. Cette saison, les choses ont commencé à changer.
Nous avons également constaté que les académies n’étaient plus les seules à être actives dans les petites catégories. Les clubs traditionnels jouent également et cela contribue à renforcer le niveau du football à Dakar.
“Il y aura des personnalités de marque, des recruteurs, des comités de supporters comme le 12e Gaïndé, Lebou Gui et Allez Casa.”
Le 12 septembre, la Ligue organise ses grandes finales au stade Ngalandou Diouf. Pourquoi avoir voulu donner une dimension particulière à cet événement ?
C’est avant tout la fête du football dakarois. Il est donc normal que nous organisions une finale différente des autres.
Nous voulons faire de cette journée un événement sportif jamais organisé au Sénégal. Il y aura des personnalités de marque, des recruteurs, des comités de supporters comme le 12e Gaïndé, Lebou Gui et Allez Casa. Nous avons également prévu la participation de plusieurs artistes.
Il y aura une véritable ambiance de fête autour de ces finales et nous voulons offrir une belle vitrine au football amateur dakarois.
Pourquoi avoir choisi le stade Ngalandou Diouf de Rufisque pour accueillir ces finales ?
Le choix du stade Ngalandou Diouf est aussi lié au fait que Rufisque constitue ma base. Mais, au-delà de cet aspect, c’est un choix qui répond à une volonté de décentralisation.
Nous sommes là pour quatre ans et nous ne voulons pas organiser toutes nos activités au même endroit. Cette année, les finales se déroulent à Rufisque. L’année prochaine, elles pourront avoir lieu dans une autre ville ou dans un autre département. Il fallait innover et sortir des habitudes.
Les finales devaient initialement se jouer ce samedi. Pourquoi le report au 12 septembre ?
Nous étions prêts depuis longtemps. La finale devait effectivement se tenir demain samedi, mais en raison de l’indisponibilité du parrain, nous avons décidé de la repousser au 12 septembre.
Tout est déjà en place. Il y aura notamment un écran géant et plusieurs animations. L’organisation représente un coût important et je tiens à remercier le président Assane Sarr, qui a mis toutes les conditions nécessaires à notre disposition, puisque c’est son district qui accueille l’événement.
La Fédération sénégalaise de football nous a également accompagnés avec des moyens importants. Elle a notamment pris en charge tous les trophées et nous a apporté une enveloppe de six millions de francs CFA pour le Prize Money.
Justement, vous annoncez un Prize Money important pour des clubs amateurs…
Nous avons effectivement mis en place un bon Prize Money. C’est une première à ce niveau, surtout pour des clubs amateurs.
Nous avons également invité beaucoup d’agents et de recruteurs qui viendront superviser les différentes finales. Ce sera une occasion pour les jeunes joueurs de se montrer et, pourquoi pas, de saisir des opportunités.
Nous voulons aussi profiter de cette journée pour récompenser les meilleurs acteurs sportifs du football dakarois.
“Nous avons organisé 1 309 matchs et, pour y parvenir, nous avons même été obligés de louer des terrains privés”
Quel bilan tirez-vous de cette première année à la tête de la Ligue ?
J’avoue que cela a été un peu compliqué au départ. Dakar est une région où il y a énormément de difficultés et l’organisation du football demande beaucoup de moyens.
Mais le bilan reste positif. Nous avons organisé 1 309 matchs et, pour y parvenir, nous avons même été obligés de louer des terrains privés.
Nous avons fait avec les moyens du bord parce que le rôle de la Ligue n’est pas de construire des stades. Mais le problème des infrastructures reste une véritable préoccupation.
C’était notre première année et nous étions, quelque part, des débutants dans cette fonction. Nous n’avions pas encore compris beaucoup de choses au départ. Il y a énormément d’aspects à améliorer et nous en sommes conscients.
Nous restons ouverts. Nous ne fermons la porte à personne et nous écoutons tout le monde. Nous sommes là pour apprendre et il faut savoir rester modeste.
Les moyens financiers constituent-ils aujourd’hui votre principale difficulté ?
Dans le football, on peut avoir beaucoup d’idées, mais sans moyens, il est difficile de les réaliser.
Nous avons notamment subventionné les licences dans les petites catégories. La Ligue a injecté 50 millions de francs CFA de ses propres ressources.
Il y a également l’absence de sponsors. Pour qu’une Ligue comme celle de Dakar puisse fonctionner normalement, il faut au minimum 120 millions de francs CFA. Or, la Fédération nous donne environ 20 millions.
Nous sommes actuellement en discussion avec plusieurs structures afin de trouver des partenaires. Il faut rappeler que les petites catégories ne paient même pas de droits d’engagement.
Nous avons encore trois ans de mandat et nous allons tout faire pour réaliser un travail remarquable afin que les acteurs du football dakarois soient satisfaits.
“L’un de mes grands projets est l’organisation de la Coupe de la Ligue de Dakar. Une compétition qui permettra, par exemple, à un club de Régional d’affronter un club de Ligue 1”
Vous avez également évoqué votre volonté de mieux accompagner les jeunes talents…
Oui. Dans les prochaines années, nous voulons organiser des tournois de détection dans les petites catégories.
L’idée est d’inviter des agents et des recruteurs, d’organiser des tests et d’essayer de placer les jeunes dans des clubs étrangers. Cela pourrait devenir un véritable modèle économique et permettre également de soulager les clubs.
Dakar regorge de talents et nous devons créer les conditions pour leur offrir davantage de visibilité.
Quels sont les grands projets de la Ligue de Dakar pour la saison prochaine ?
L’un de mes grands projets est l’organisation de la Coupe de la Ligue de Dakar. C’est quelque chose qui me tient particulièrement à cœur.
Nous voulons créer une compétition qui permettra, par exemple, à un club de Régional d’affronter un club de Ligue 1. Nous avions envisagé de lancer cette compétition cette année, mais cela s’est avéré compliqué en raison d’un calendrier chargé avec la Coupe du monde et les compétitions africaines.
Nous espérons pouvoir la mettre en place la saison prochaine et organiser une grande finale qui sera parrainée par le maire de Dakar.
Notre ambition est également d’aller chercher de grands sponsors pour accompagner cette compétition et donner une nouvelle dimension au football dakarois.



