
Lors de son face-à-face avec la presse, samedi 2 mai 2026, le président Bassirou Diomaye Faye est longuement revenu sur le dossier sensible des 18 supporters sénégalais emprisonnés au Maroc depuis la finale controversée de la CAN du 18 janvier. Un sujet à forte charge émotionnelle, au cœur des préoccupations de l’opinion publique.
D’emblée, le chef de l’État a tenu à défendre l’action de l’État sénégalais, rejetant toute idée d’inaction. « Ce serait une erreur de penser qu’on n’en a pas assez fait », a-t-il déclaré, assurant que les autorités ont mobilisé tous les leviers possibles pour obtenir leur libération.
Dans son intervention, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur les démarches entreprises par Dakar, notamment l’engagement d’un avocat pour assurer la défense des détenus, mais aussi des initiatives diplomatiques de haut niveau. Il a notamment évoqué une correspondance adressée au roi du Maroc, Mohammed VI, ainsi que des médiations indirectes, y compris religieuses, pour tenter de faire évoluer la situation.
Malgré ces efforts, le président a reconnu, avec franchise, les limites de l’action diplomatique sénégalaise face à une affaire relevant de la souveraineté judiciaire marocaine. « Cela s’est passé dans un autre pays qui a ses lois et sa justice », a-t-il rappelé, soulignant qu’aucune intervention directe ne peut être envisagée.
Dans un ton à la fois ferme et lucide, il a également interpellé les autorités marocaines, appelant à plus de clarté sur les démarches restantes. « S’il reste autre chose à faire, qu’ils nous le disent », a-t-il lancé, traduisant une forme d’impatience face à une situation qui peine à évoluer.
Le président sénégalais n’a pas manqué d’exprimer son soutien total aux supporters détenus, dans un contexte marqué par de vives tensions lors de cette finale de la Coupe d’Afrique des nations, émaillée d’incidents ayant conduit à leur arrestation puis à leur condamnation par la justice marocaine.
Au-delà de l’émotion, cette sortie présidentielle met en lumière un équilibre délicat entre solidarité nationale et respect des règles internationales. Elle illustre aussi les contraintes de la diplomatie face à des décisions judiciaires étrangères, dans une affaire devenue hautement symbolique pour de nombreux Sénégalais.
En assumant publiquement ces limites tout en maintenant la pression diplomatique, Bassirou Diomaye Faye tente de rassurer l’opinion, sans promettre l’impossible, dans un dossier où l’issue reste, pour l’heure, incertaine.



