
Ousmane Sonko: « Il n’y a pas de querelle avec Diomaye Faye »
Loin des spéculations sur une crise ouverte au sommet de l’État, Ousmane Sonko a choisi de clarifier sa position. Invité de RFI et France 24 ce lundi, le président de Pastef-Les Patriotes et président de l’Assemblée nationale a assuré qu’il n’existait aucune « querelle » entre lui et le président Bassirou Diomaye Faye. S’il reconnaît des divergences sur la conduite de certaines politiques publiques, il insiste sur le fait qu’elles ne remettent pas en cause la stabilité des institutions ni l’avenir du projet porté par leur formation politique.
« Il n’y a pas de querelle », a insisté Ousmane Sonko, tout en reconnaissant des désaccords sur certaines orientations du pouvoir. Selon lui, ces divergences ne sauraient conduire à une « déchirure » du Sénégal, les deux responsables demeurant liés par une même ambition de transformation du pays.
Interrogé sur les accusations de trahison du projet politique porté par Pastef, Ousmane Sonko a préféré évoquer le non-respect de certains engagements pris devant les Sénégalais. Sans fermer la porte à une éventuelle procédure interne visant le chef de l’État, il a toutefois précisé qu’une telle décision relèverait exclusivement des instances compétentes du parti.
Désormais à la tête de l’Assemblée nationale, l’ancien Premier ministre affirme vouloir se consacrer pleinement à ses nouvelles fonctions. Il assure ne pas chercher à entraver l’action de l’exécutif, tout en rappelant que le Parlement dispose des prérogatives constitutionnelles lui permettant de contrôler l’action gouvernementale, y compris à travers une motion de censure si l’intérêt supérieur de la Nation l’exige.
Sur la question de la dette publique, Ousmane Sonko a maintenu sa prudence face à l’idée d’une restructuration. Opposé à cette option lorsqu’il dirigeait le gouvernement, il se dit néanmoins prêt à examiner toutes les pistes au regard de l’évolution de la situation économique.
Il a également relancé le débat sur la notion de « dette odieuse », estimant qu’une partie des emprunts contractés sous l’ancien régime pourrait être remise en question en raison de manquements présumés aux procédures démocratiques et aux règles de transparence.
Revenant sur les événements tragiques survenus à l’Université Cheikh Anta Diop, Université Cheikh Anta Diop, ayant entraîné la mort d’un étudiant, Ousmane Sonko a rappelé qu’une enquête est en cours. S’il défend la nécessité pour l’État de protéger les infrastructures publiques, il estime toutefois que certaines images diffusées montrent un usage « disproportionné » de la force par des éléments des forces de sécurité.
Concernant le débat sur le durcissement des sanctions liées à l’homosexualité, Ousmane Sonko a rejeté toute idée de « chasse aux homosexuels ». Il a rappelé que la législation sénégalaise en la matière existe depuis plusieurs décennies et relève de la souveraineté nationale.
Pour lui, les choix du Sénégal doivent être respectés dès lors qu’ils s’inscrivent dans le cadre des valeurs religieuses, culturelles et sociales du pays. Il a par ailleurs critiqué certaines réactions occidentales qu’il juge intrusives.
À propos des recours contestant sa réintégration comme député ainsi que son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko s’est dit confiant et serein dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel.
Questionné sur une éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle, il a estimé que le sujet n’était pas d’actualité, rappelant que toute décision future appartiendra aux instances de Pastef.
Enfin, évoquant le match entre le Sénégal et la France dans le cadre de la Coupe du monde 2026, Ousmane Sonko a pronostiqué une victoire des Lions de la Teranga. Au-delà de l’aspect sportif, il a donné une dimension politique à cette rencontre, estimant qu’elle illustre l’importance des ressources humaines africaines dans le monde.
Selon lui, cette réalité devrait amener le continent à mieux valoriser ses atouts démographiques, économiques et culturels afin de renforcer sa place dans les équilibres internationaux. Une manière, pour le président de Pastef, de replacer le débat sur l’Afrique bien au-delà des terrains de football.



