
Au Sénégal, la structure matrimoniale met en lumière des dynamiques sociales marquées, selon les dernières données du Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) issues du RGPH-5.
La population en âge de se marier (12 ans et plus) est estimée à environ 12,3 millions de personnes. Parmi elles, près de la moitié est déjà engagée dans une union : 49,8 % sont mariées, soit environ 6,1 millions d’individus, contre 45,5 % de célibataires, représentant près de 5,6 millions de personnes.
Des écarts marqués entre hommes et femmes
L’analyse selon le genre révèle des disparités significatives. Les femmes sont plus souvent mariées, avec un taux de 54,8 %, tandis que les hommes restent majoritairement célibataires (54,1 %). Cette tendance s’explique notamment par un accès plus tardif des hommes au mariage.
En effet, l’âge moyen au premier mariage est estimé à 30 ans chez les hommes, contre 23 ans chez les femmes, confirmant un décalage important dans les trajectoires matrimoniales.
Le poids de la polygamie
La polygamie demeure un facteur structurant du mariage au Sénégal. Près d’une femme mariée sur deux (47,4 %) vit dans une union polygamique, contre 20,2 % des hommes mariés. Cette réalité influence fortement la configuration des ménages et les parcours conjugaux.
Des ruptures d’union plus fréquentes chez les femmes
Les séparations et divorces touchent davantage les femmes : 12,4 % d’entre elles sont concernées, contre seulement 2,6 % chez les hommes. Cette différence met en évidence des vulnérabilités spécifiques liées au genre dans les dynamiques matrimoniales.
La persistance du mariage précoce
Malgré les évolutions sociales, le mariage précoce reste une réalité préoccupante. Environ 3,2 % des filles âgées de 12 à 14 ans sont déjà mariées, traduisant la persistance de pratiques traditionnelles dans certaines zones.
Une forte propension au mariage avec l’âge
La tendance globale montre qu’à mesure que l’âge avance, le mariage devient quasi généralisé : près de 80 % de la population est mariée autour de 40 ans.
Ces données confirment que le mariage demeure une institution centrale au Sénégal, fortement influencée par des facteurs économiques, sociaux et culturels, notamment les normes de genre et la polygamie.




